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le chinois qui veut conquérir le monde

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Zapping Autonews Les 10 modèles incontournables de l’année 2021

Si le nom de Geely ne veut dit rien, c’est pourtant un acteur déjà bien implanté dans le domaine de la mobilité. Créée en 1986 par un businessman précoce nommé Li Shufu et entré dans l’industrie automobile en 1997, ce groupe privé est devenu en seulement quelques années l’un des principaux constructeurs de Chine. Il est apparu sur les radars en 2010, en rachetant Volvo à Ford. En 10 ans, la marque d’origine suédoise a été redressée de manière spectaculaire et a augmenté ses ventes, tout en électrifiant sa gamme et sans perdre son ADN. De plus, elle a donné naissance à des marques sœurs qui ont pour nom Polestar (pour les véhicules électrifiés hautes performances) et à Lynk & Co (pour de la mobilité connectée et sur abonnement). Geely a aussi mis la main sur Proton et surtout Lotus. Avec l’ensemble de ses marques, le groupe vise 1,5 million de ventes en 2021, sachant qu’il a déjà produit 10 millions de véhicules à ce jour (dont 5 millions ces 3 dernières années). Grâce à ses plateformes modulaires, il a une offre assez variée et pense atteindre plus rapidement le seuil des 10 prochains millions. Le constructeur est aussi positionné sur le transport à la demande avec le fabricant de taxis The London Electric Vehicle Company et la marque de VTC CaoCao (présente à Paris). Il a même un pied dans la voiture volante avec Terrafugia, une marque américaine qui développe ce type de véhicule depuis 2006.

Une fusion à terme avec Volvo ?

Credit Photo – Volvo

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la marque de Göteborg se porte plutôt bien à l’aube de son premier siècle d’existence (le centenaire est prévu en 2027). Les effectifs ont doublé depuis l’acquisition par Geely et les ventes n’ont cessé d’augmenter. De plus, le fait d’appartenir à un groupe solide permet à Volvo de donner le ton en matière d’environnement. Il a été l’un des premiers à intégrer systématiquement des moteurs électriques sur ses nouveaux modèles depuis 2019, déclinant tous les véhicules de la gamme en versions hybride, hybride rechargeable ou 100 % électrique. Et d’ici à 2025, il se fixe l’objectif de réaliser 50 % de ses volumes avec des modèles zéro émission. Avec le recul, on s’aperçoit que ce choix a été pertinent car l’Europe a considérablement serré la vis et est en train de signer l’arrêt de mort du moteur thermique. Un domaine où Volvo était d’ailleurs plutôt doué. La marque affiche même son objectif d’être neutre sur un plan carbone en 2040 (une ambition que partage également Mercedes). Mais, si les chinois ont laissé travailler les designers et les ingénieurs suédois (ce qui a sans doute permis d’engranger de la technologie en matière de sécurité), Geely envisage de fusionner avec Volvo pour devenir un « puissant groupe mondial ». Rien n’est fait pour le moment, mais la Suède – qui a déjà perdu Saab (racheté par le chinois NVES qui fait des 9-3 électriques) – appréhende sans doute l’opération.

Que veut-il faire chez Mercedes ?

Geely a aussi fait parler de lui en devenant en 2018 le premier actionnaire de Daimler (la maison-mère de Mercedes). Le groupe chinois détient près de 10 % du capital du constructeur allemand. La prise de participation, opérée en douce, pose question. Mais, elle se situerait dans une stratégie d’alliance, destinée à contrer les nouveaux acteurs comme Tesla ou Google. Daimler y voit le moyen de s’ouvrir un peu plus les portes de la Chine et d’avoir un partenaire de référence pour négocier le virage de l’électrification et du véhicule autonome. D’ailleurs, les deux groupes ont engagé des coopérations communes. Par exemple, ils vont développer un moteur à essence qui sera utilisé pour des véhicules hybrides de nouvelle génération, à la fois chez Mercedes et a priori Volvo. Précisons au passage que Geely est le nouveau coactionnaire à 50 % de Smart, dont l’avenir passe désormais par la Chine avec des modèles qui seront désormais 100 % électriques. Et le groupe collabore aussi avec Daimler sur du VTC sous la marque Star Rides dans l’Empire du Milieu.

Un deal avec Foxconn, le partenaire d’Apple

Un deal avec Foxconn, le partenaire d’Apple

En dehors des acteurs classiques de l’automobile, Geely noue également des alliances avec des entreprises qui évoluent dans la technologie numérique. Ainsi, il s’est rapproché tout récemment de Baidu : le Google chinois. Les deux groupes vont créer une coentreprise pour produire des véhicules électriques autonomes. Baidu, fondé en 2000, fournira les technologies pour la conduite automatisée (grâce à l’expertise de sa plateforme Apollo), tandis que Geely apportera son expertise dans la conception et la production des véhicules. Le groupe est aussi lié à Tencent, un géant de l’Internet chinois. Ils veulent développer ensemble des cockpits intelligents et vont travailler aussi sur la voiture autonome. Mais surtout, l’entreprise de Li Shufu a conclu un deal avec Foxconn, le premier sous-traitant mondial de produits électroniques. Ce fournisseur est connu pour être le partenaire technique d’Apple. Serait-ce une façon de couper l’herbe sous le pied à Hyundai, qui a été approché par la firme à la pomme dans le cadre de son projet d’iCar ? Le fait est que Geely voit dans ce partenariat avec Foxconn l’occasion de partager sa première plate-forme dédiée aux véhicules électriques, lancée en septembre dernier, avec d’autres constructeurs automobiles.

En lice pour l’échange de batteries

Sans cesse en mouvement, Geely a par ailleurs signé un accord de coopération avec Faraday Future, une start-up qui veut rivaliser avec Tesla. Leur collaboration, qui porte sur la technologie, vient en complément de celle avec Foxconn. Et elle se double au passage d’une prise de participation minoritaire. Bien décidé à ne rien laisser au hasard, Geely s’est aussi positionné sur le système d’échange de batteries pour remédier au problème du temps de charge. Exploré par Renault à l’époque de Better Place, et étudié un temps par Tesla, ce système a été repris par le jeune constructeur Nio qui en fait un produit d’appel en Chine et par le constructeur BAIC (via sa marque BJEV). Du coup, Geely en fait autant et développe un réseau de stations d’échange de batteries. Il y en aura 100 cette année et 200 en 2023. Et un millier de sites seraient programmés… La technologie permet de remplacer une batterie vide par une pleine en seulement 90 secondes. Soit, deux fois plus vite que les 3 mn nécessaires chez Nio.

Un futur leader mondial ?

Un futur leader mondial ?

Menant de front le virage de l’électrique, de la voiture connectée et de l’automatisation de la conduite, l’entreprise de Li Shufu semble avoir beaucoup d’ambition. Elle intègre en tout cas des technologies dernier cri, à l’image des puces de Qualcomm pour la 5G, ou encore un système de surveillance par caméra infrarouge du conducteur mis au point par SmartEye (un fournisseur de BMW et qui compte la NASA parmi ses partenaires). Dans un pays immense où les marques poussent aussi vite que les champignons noirs, de même que les start-ups, Geely sera de toute évidence un acteur à suivre dans l’industrie automobile. En tout cas, il occupe le terrain et s’évertue à faire des géants de la Tech chinoise ses alliés.



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