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Zapping Autonews story L’oeil de l’expert : au volant Mazda MX-30

Les origines de ce projet de réplique parfaite de Ferrari 330 LMB remontent à plus d’une décennie, lorsque Edward Carter, un agriculteur passionné du constructeur de Maranello basé dans l’Essex (Angleterre), a souhaité ajouter une réplique de 250 GTO à sa collection. Terry Hole, expert reconnu des sportives italiennes et grand amateur de 330 LMB, l’en a dissuadé, en pointant du doigt le grand nombre de répliques de 250 GTO qui circulent. Il lui a plutôt conseillé de faire reproduire l’unique Ferrari 330 LMB en conduite à droite (châssis 4725) ayant jamais existée (trois sur les quatre construites avaient le volant à gauche). Convaincu, Carter a acheté une Ferrari 330 GT 2+2 de 1964 avec conduite à droite en novembre 2010, avant de commencer à tracer les grandes lignes de son projet.

Ed Carter souhaitait faire construire la réplique la plus fidèle possible de cette la sublime 330 LMB, mais dans une configuration un peu moins radicale qu’à l’époque pour faciliter son utilisation sur la route. Le dossier complet que Terry Hoyle possédait sur la 330 LMB châssis 4725 et les recherches de Carter, l’ayant mené jusqu’aux Etats-Unis, ont permis de rassembler suffisamment d’informations sur le berlinette afin de démarrer les travaux. C’est ainsi que la société RS Panels, basée à Nuneaton (UK), a été chargée de raccourcir le châssis de la 330 GT 2+2 et de créer une carrosserie d’après les plans récupérés par Carter. Malheureusement, notre protagoniste a perdu la vie dans un accident de la route en septembre 2015 et le projet est resté en suspens pendant de longs mois, avant que la société Bell Sport & Classic ne le reprenne en main en 2017.

Un peu d’histoire

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Ferrari 330 LMB project | Les photos de la réplique parfaite
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Ferrari 330 LMB projectCredit Photo – Bell Sport & Classic

Avant d’évoquer les grandes lignes de la reproduction de la Ferrari 330 LMB par Bell Sport & Classic, il convient de revenir sur l’histoire de cette fameuse berlinette de compétition. En effet, la 330 LMB a été conçue pour répondre à l’évolution de la réglementation de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) en compétition. Le pilote automobile et ingénieur Ferrari d’origine britannique Mike Parkes a notamment participé au développement de cette auto, dans le but de l’aligner au départ des 24 Heures du Mans en 1963. C’est d’ailleurs de cette course mythique que la berlinette italienne tire son nom, LMB pour “Le Mans Berlinetta”.

Équipée d’un moteur V12 Colombo 4.0 plus puissant que celui de la 250 GTO (3.0), la 330 LMB développait une puissance comprise entre 390 ch et 400 ch. Son empattement (2 500 mm) était également plus long que celui de la GTO de 20 mm. Sa carrosserie en aluminium présentait de son côté un mix parfait entre deux des plus belles Ferrari de tous les temps, avec un nez semblable à une 250 GTO et une poupe de 250 GT Lusso. Les pneus arrière larges de la 330 ont également entraîné une légère découpe des ailes arrière (à la manière d’une 250 MM), surélevant légèrement une section rectangulaire de la carrosserie semblable à une prise d’air, de chaque côté du bolide. Lors des essais aux 24 Heures du Mans de 1963, la voiture de course a dépassé la barre des 300 km/h sur la grande ligne droite des Hunaudières, ce fut la première du genre.

Seulement quatre exemplaires de 330 LMB ont été fabriqués, trois en conduite à gauche et un en conduite à droite. Un trio de cette berlinette de compétition a participé au Mans en 1963 et seul l’exemplaire de l’équipe britannique (en RHD) a réussi à tenir la distance, les pilotes Mike Salmon et Jack Sears terminant cinquième de la course. La 330 LMB était destinée à devenir la dernière voiture de course à moteur avant de Ferrari à l’époque. Arrivant un peu tard pour faire carrière, elle n’a participé qu’à peu de courses.

La reconstruction fabuleuse

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Ferrari 330 LMB project | Les photos de la réplique parfaite
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Ferrari 330 LMB projectCredit Photo – Bell Sport & Classic

En récupérant le projet d’Edward Carter en 2017, le propriétaire de Bell Sport & Classic a fait une belle opération et a lancé un véritable défi à ses équipes, installées à Markyate, dans le Hertfordshire (UK). Les restaurations de Ferrari, Lamborghini et Aston Martin anciennes étant l’activité principale de Bell Sport & Classic, le projet 330 LMB ne pouvait qu’accentuer la motivation des troupes, s’appuyant sur une soixantaine d’années d’expertise dans le domaine. Elliot East, qui restaure des voitures de collection et des Ferrari classiques depuis le début des années 2000, a dirigé le projet 330 LMB. L’expertise d’Attilio Romano, ancien directeur technique de chez Ferrari et membre de l’équipe, fut également précieuse.

En arrivant dans les ateliers de Bell Sport & Classic, la structure de la voiture était à nu et la carrosserie assemblée seulement en partie. Les pièces manquantes ont été reproduites avec précision en mêlant des techniques modernes et anciennes, pour atteindre un niveau de finition exemplaire que des pièces provenant d’ateliers extérieurs n’auraient pas pu permettre. Le rouge Rosso Corsa a été choisi pour habiller la carrosserie tandis que le cheval cabré sur fond jaune a été peint sur les ailes avant, comme cela aurait été fait à l’époque. Les disques blancs placés sur le capot, à cheval sur le flanc arrière droit et sur les portières sont quant à eux prêts à recevoir un numéro pour un départ en course.

Moteur et habitacle

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Ferrari 330 LMB project | Les photos de la réplique parfaite
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Ferrari 330 LMB projectCredit Photo – Bell Sport & Classic

Pour la partie mécanique du projet 330 LMB, les talentueux techniciens maison ont converti le V12 Colombo 2 953 cm3 en un moteur de 3 967 cm3, afin d’être au plus proche des spécifications de la 330 LMB d’origine. Ceci a bien évidemment entraîné l’adaptation de certains autres organes comme la pompe à eau ou la boîte vitesse. Testé et rodé sur un banc, le moteur a été réglé à la puissance parfaite de 390 ch à 7 000 tr/min pour un couple de 407 Nm à 6 000 tr/min. La suspension a elle aussi eu droit à une restructuration complète pour correspondre aux modifications apportées au châssis.

Enfin, au chapitre de l’habitacle, la 330 LMB recréée par Bell Sport & Classic a été repensée pour offrir un peu plus de confort, tout en respectant l’esprit spartiate régissant le modèle d’origine, conçu pour la course. Les cabines des 330 LMB ayant tourné au Mans étaient fonctionnelles avant tout, peintes à nu en couleur argent, avec un tableau de bord recouvert d’un fin revêtement au fini froissé et équipées de sièges en velours côtelé noir. Centrés sur l’instrumentation et ses multiples cadrans, l’habitacle du projet 330 LMB conserve une ambiance de sportive digne des années 1960, tout en offrant une véritable expérience de “GT” sur la route. Parmi les concessions à la modernité, on notera la présence d’un démarreur plus robuste, de l’allumage électronique, de pompes à carburant électriques et d’un ventilateur de refroidissement électrique. La sécurité n’a pas été oubliée avec un régulateur de tension moderne, un équipement anti-incendie spécifique et un double réservoir avec enveloppe interne increvable. Le résultat est sublime, pour une berlinette qui semble tout droit sortie des ateliers de Maranello.

[Autonews

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