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la pépite française qui filtre les données

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La France est incontestablement une « start-up nation ». Elle en compte plus de 10 000 et ce nombre augmente de + 20 % chaque année. Si parmi ces start-ups, certaines ont fait le choix de s’attaquer à la voiture autonome, Heex technologies a décidé de le faire à travers les données. La jeune pousse, qui a été créée en 2019 à Paris, et compte 15 salariés, a en effet développé un procédé qui repose sur de la « smart data ». Pour faire simple, la solution permet de récupérer les données vraiment utiles de façon automatisée et à destination des développeurs de logiciels de conduite autonome, en transitant par le cloud. Comme l’entreprise l’affirme sur son site, c’est comme « retrouver une épingle dans une botte de foin ». Les fondateurs ont pour nom Bruno Mendes Da Silva et Etienne Boutan. Le premier a notamment fondé en 2013 un service de location de voitures hybrides et électriques (Greenlux Car) et le second est issu du secteur bancaire. Tous deux ont par ailleurs créé le fonds Deimos Capital, qui propose d’investir dans des start-ups en lien avec la technologie, le sport, le divertissement et le bien-être. Mais, il leur fallait un mentor pour mieux cerner ce marché de la voiture autonome. Le fonds de capital-risque Elaia – qui a accompagné SigFox (champion français des objets connectés) – s’est chargé de les mettre en relation avec un expert venant du monde scientifique et qui s’appelle Arnaud de la Fortelle.

Un pionnier de la voiture autonome à la direction technique

Si le nom ne vous dit rien, c’est pourtant une sommité dans ce milieu. Diplômé des Ponts et Chaussées et de Polytechnique, il a notamment passé 12 ans à l’INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique). Cet institut a une expertise mondialement reconnue en perception de l’environnement à partir de divers types de capteurs et de la fusion de données. C’est aussi un acteur majeur en matière d’intelligence artificielle. Peu de gens savent que l’INRIA travaille depuis plus de 20 ans sur le sujet et que les chercheurs savaient faire rouler des voitures autonomes en peloton et les faire stationner en mode automatique bien avant Google. Arnaud de La Fortelle y a côtoyé Michel Parent (le « pape » de la voiture autonome en France, toujours conseiller de l’équipe RITS dédiée à ce type de recherches à l’INRIA et conseiller de la start-up française SuburVAN qui développe des minibus autonomes pour le transport partagé). Il a aussi travaillé avec Claude Laurgeau, qui a longtemps enseigné à MINES ParisTech et a été également conseiller à l’INRIA. C’est en quelque sorte lui qui a repris le flambeau après ces pionniers. Arnaud de La Fortelle dirige depuis 2006 le centre de robotique de Mines ParisTech. Il s’occupe aussi de la chaire de recherche Drive for All qui dépend de la même grande école et travaille sur le véhicule autonome, en partenariat avec les groupes PSA, Safran et Valeo. Ce parcours a de quoi rassurer les investisseurs et c’est la raison pour laquelle il exerce la fonction de directeur technique.

Des grands noms de la tech s’y intéressent

Credit Photo – Heex Technologies

En deux ans, Heex Technologies a parcouru du chemin. Elle a affiné sa technologie et a été jugée suffisamment crédible pour être sélectionnée par Nvidia (à travers son programme d’accélération dans l’intelligence artificielle Inception), Microsoft (dans le cadre de son programme Autonomous Driving) et plus récemment par Google via son programme pour les start-ups. C’est la reconnaissance ultime de la part d’un acteur qui a fait basculer dans la sphère publique les enjeux de la voiture autonome et qui fait référence dans le monde avec sa filiale Waymo. Il est à noter que Heex Technologies est aussi membre de l’incubateur Techstars à Tel-Aviv. « C’est la seule start-up française à en faire partie », souligne Arnaud de La Fortelle, qui fait remarquer au passage qu’Israël est devenu l’antichambre de la Silicon Valley. Le même Techstars a par ailleurs participé à une première levée de fonds de 840 000 euros, aux côtés de Bpifrance, des accélérateurs pour start-ups Tomcat Factory, et Wilco, ainsi que de Transvalor et de business angels. Il faut savoir aussi que Heex Technologies a reçu le prix du public dans le cadre du Grand Prix ACF-Autotech décerné par l’Automobile Club de France. Ces marques d’intérêt sont bien sûr encourageantes, mais percer sur un marché aussi stratégique que la voiture autonome demande des investissements hors-normes, avec une mise de départ qui est le milliard de dollars… au minimum.

Les investisseurs en veulent pour leur argent

Contrairement à l’époque des pionniers, ce n’est plus la recherche publique qui draine les flux financiers mais les fonds privés. Et l’entrée en lice de géants du numérique comme Google a changé la donne. Heex technologies a fait le calcul : 150 milliards de dollars ont été dépensés sur la voiture autonome par des entreprises entre 2010 et 2020 dans le monde. Et autant seront dépensés sur… les 5 prochaines années. Il y a donc une accélération, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête des dirigeants. Les sociétés de capital-risque et les grands groupes qui ont racheté des start-ups veulent aujourd’hui des résultats. La pression est grande et c’est justement ce qui plaide en faveur d’acteurs comme Heex Technologies, qui ont une technologie adaptée. « Nous proposons des solutions qui peuvent potentiellement améliorer la productivité des acteurs qui développent le véhicule autonome. Branchée directement sur le véhicule, notre solution de filtrage de données permet de faire remonter les situations atypiques et d’envoyer les fichiers vidéo directement sur le serveur des équipes de développement », indique Arnaud de La Fortelle. Ce gain de temps est précieux car le nombre de données augmente de façon exponentielle. Les véhicules autonomes devraient d’ailleurs traiter l’équivalent de 1 gigaoctet par seconde. Or, ce n’est plus la quantité qui prime mais avoir accès aux bonnes données. « On est en train d’aller chercher les dernières décimales », estime l’expert technique d’Heex Technologies. « Tout le monde sait faire de la voiture autonome en ligne droite, mais il faut arriver à gérer des problèmes comme les entrées ou sorties, ou encore les marquages au sol effacés », dit-il.

Un premier contrat signé cet été ?

Des contacts ont été engagés au sein de l’industrie automobile, chez des constructeurs et des équipementiers, ainsi qu’auprès d’acteurs américains qui travaillent sur la voiture autonome. Leur identité est encore confidentielle. Toutefois, Heex Technologies maintient son objectif d’arriver à concrétiser un premier contrat dès cet été. « Ce serait une reconnaissance, car « les clients sont très bons techniquement », assure Arnaud de La Fortelle. Les Etats-Unis sont considérés comme le marché prioritaire. C’est là où les solutions sont susceptibles d’être déployées plus rapidement, à Detroit comme dans la Silicon Valley. En parallèle, la start-up française essaie aussi d’étendre son périmètre. Le site met en avant d’autres domaines d’application comme la surveillance vidéo, les process industriels et même les drones.

Laurent Meillaud



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