Essais

Range Rover Evoque P200 Flexfuel (2021) : la version providentielle

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 EN BREF

2e génération d’Evoque

Version biocarburant

À partir de 45 850 €

 La popularité du bioéthanol, une spécialité française au niveau européen, a connu un parcours en dents de scie. Largement impacté par les décisions du législateur et, par conséquent, de l’offre proposée sur le marché, ce carburant connaît un nouveau souffle grâce, cette fois, à un constructeur anglais. Après avoir brièvement proposé un Kuga E85 dont Ford a vu les ventes exploser, c’est au tour de Land Rover de profiter de l’engouement. Ce sont même deux modèles qui sont apparus au catalogue : le plus familial et rationnel Discovery, et le Range Rover Evoque, plus chic, et plus sexy également. 

Avec cette version E85, l'Evoque connaît un nouveau positionnement plus intéressant.
Avec cette version E85, l’Evoque connaît un nouveau positionnement plus intéressant.


Cette version Flexfuel est spécifique au marché français.
Cette version Flexfuel est spécifique au marché français.



L’anglais (tout comme son proche cousin Jaguar E-Pace récemment essayé) est disponible depuis fin 2020 dans une version P200 qui, en plus d’être micro-hybridée, peut donc désormais carburer à l’E85, un mélange contenant 85% de bioéthanol. Incité par son partenaire Raisinor France (premier producteur européen de bioéthanol de génération avancé), le constructeur voit dans cette technologie une bonne manière de booster à son tour les ventes de son modèle phare. Il faut dire que pour un tel SUV, les avantages sont considérables. Bénéficiant de l’abattement de 40 % sur les émissions de CO2, le Range Rover Evoque P200 Flexfuel se retrouve dans la zone neutre du malus, malgré ses 208 g (plus de 20 000 euros de malus en 2021…). Une sacrée économie ! Par ailleurs, la carte grise est gratuite dans la plupart des régions. Pour les professionnels, cette version est également exonérée de TVS. À l’utilisation, les coûts de revient sont également amoindris par le faible prix à la pompe de l’E85 (environ 60 centimes). À bien y regarder, cette solution ressemble bien à une recette miracle. Plus simple, moins chère et moins contraignante à l’utilisation qu’une version PHEV, la motorisation au bioéthanol en offre pourtant tous les avantages financiers. 

Avec près de 1 800 kg, les 200 ch ne sont pas de trop pour dynamiser l'Evoque.
Avec près de 1 800 kg, les 200 ch ne sont pas de trop pour dynamiser l’Evoque.


Une aubaine, d’autant plus que ce nouvel Evoque P200 Flexfuel se comporte exactement de la même manière que « l’ancien » P200 tout court… À savoir un quatre-cylindre essence de 200 ch et dont les 320 Nm de couple ne sont pas de trop pour déplacer ce lourd bébé qui affiche près de 1 800 kg sur la balance. Discret, doux et plutôt véhément haut dans les tours, le bloc 2.0 Ingenium n’a pas non plus souffert de l’installation du système micro-hybride. Le traditionnel gain en sobriété est ici annulé par les consommations colossales de cette version. En effet, le bioéthanol induit de facto une surconsommation estimée à 25%. Ce qui se traduit ici par plus de 13l/100 km enregistrés en moyenne. Une gourmandise largement compensée par les avantages fiscaux d’une telle carburation. En revanche, c’est l’autonomie, d’à peine 500 km, qui en fait les frais.

Avec ce carburant au bioéthanol, le Range Rover Evoque P200 permet d'éviter un malus de plus de 20 000 € en finition Autobiography.
Avec ce carburant au bioéthanol, le Range Rover Evoque P200 permet d’éviter un malus de plus de 20 000 € en finition Autobiography.


Désormais micro-hybridé, le 2.0 essence Ingenium a conservé sa douceur, et un certain dynamisme dans les hauts régimes.
Désormais micro-hybridé, le 2.0 essence Ingenium a conservé sa douceur, et un certain dynamisme dans les hauts régimes.


 

Sur la route, le Range Rover Evoque n’est pas maladroit. Bien suspendu (avec le très réussi amortissement piloté), il sait maîtriser sa masse dans la plupart des situations. Un dynamisme renforcé par le Torque Vectoring de sa transmission intégrale (la roue arrière extérieure au virage reçoit plus de couple). De quoi booster l’agilité dans l’enchaînement de courbes. En revanche, il ne peut rien contre la physique. Le poids conséquent venant se rappeler à votre bon souvenir lors de virages serrés, de longs freinages, ou sur le mouillé. Autre bémol, la transmission automatique à 9 rapports manque de réactivité. Pas vraiment prompte à rétrograder efficacement, placide lors de la montée des rapports, elle ne sert pas réellement les velléités dynamiques de l’Evoque. En revanche, le confort est d’un très bon niveau, malgré la généreuse monte en 20 pouces de notre modèle d’essai.

Pas maladroit sur la route, dotée d'une transmission intégrale avec torque Vectoring, l'Evoque est aussi très confortable.
Pas maladroit sur la route, dotée d’une transmission intégrale avec torque Vectoring, l’Evoque est aussi très confortable.


Essai - Range Rover Evoque P200 Flexfuel (2021) : la version providentielle

 

 

 

 

 

 

 

 

L'intérieur est impeccablement fini. L'ergonomie n'est pas évidente en revanche.
L’intérieur est impeccablement fini. L’ergonomie n’est pas évidente en revanche.


À bord, on retrouve tout ce qui fait le charme de ce dandy britannique. À savoir un habitacle cossu, très numérique, et pas vraiment ergonomique. La multiplication des touches tactiles n’aidant pas. Son habitabilité est à peine correcte pour ce modèle de près de 4,40 m, tout comme son coffre de 591 litres, une moyenne basse dans la catégorie.

Reste les tarifs démarrant à 45 850 € dans cette version P200 Flexfuel, mais culminant à 71 250 € dans cette finition haute Autobiography. Et cela, sans compter la longue liste d’options toujours très musclée dès qu’il s’agit d’un modèle siglé Range. Mais ici, le miracle du bioéthanol en ferait presque une affaire face à des rivaux assommés sous les coups des taxes environnementales. Du moins pour quiconque se contenterait d’une finition moins bien dotée. Un très bon choix donc, réservé qui plus est au marché français.

Caradisiac

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