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Anniversaire : Lamborghini Countach, 50 ans

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Si nous devions dresser un monument à la gloire de certaines icônes à 4 roues, la Lamborghini Countach, dans l’immensité de la Grande Histoire de l’Automobile, aurait le sien et, assurément, sa place dans la Squadra des bolides éternels. Mais quelle légende sportive ! La Countach, c’est un mythe, un mythe italien, une révolution esthétique, technique également. A jamais, la Countach a contribué à métamorphoser la marque de Ferruccio. Un symbole mécanique qui a ancré Lamborghini dans l’ère de la virilité, la performance, l’esprit aéronautique et une forme de bestialité, grâce au V12 qui, jusqu’ici, n’a jamais été abandonnée. La Countach a 50 ans. Un demi-siècle. Elle n’a pas pris une ride. « Joyeux anniversaire beauté mécanique ! Tu mérites toute notre attention. Et notre respect. »

Lamborghini, l’éternel taureau de Combat. Une marque à part dans la grande tradition transalpine des voitures de sports. Concepteur de génie, producteur de rêve et de démesure, réalisateur de bestialité et performances. Le constructeur de Sant’Agata a surement inventé la définition même du coup de pied au cul. Mais comment le dire autrement !

Avec au cœur l’inébranlable V12, Diablo, Murcielago, Aventador, et même les Gallardo et Huracan à motorisation V10, espèces rampantes follement impressionnantes, comme la Reventon, toutes, sont les heureuses héritières de la Countach. L’originelle. La matrice.

Alors pour évoquer cette œuvre d’art mécanique, Lamborghini nous a offert ce merveilleux privilège, celui de retrouver quatre d’entre elles d’une collection privée, dans la région du Piemont, dans les vignes de Barolo… Quatre Countach dans un état exceptionnel, la toute première de série, la LP400, une 400 S, plus sportive, une LP 5000 S, avec son aileron d’avion, et la série spéciale 25ème anniversaire, l’ultime. On cachera le nom de ce propriétaire, mais sachez qu’il possède la plus grande collection au monde des bolides de Sant’Agata. Il possèderait plus de 160 Lamborghini ! Comment est-ce possible ?

Une expression piémontaise…

Evidemment, avant de s’intéresser à cette merveilleuse machine, il faut essayer de comprendre comment ce patronyme, aussi incroyable que mythique, est apparu pour la première fois ! Et contrairement à la plupart des Lamborghini qui portent le nom de célèbres taureaux de combat, souvent loués pour leur exceptionnelle bravoure, « Countach »  prend une toute autre origine, celle d’une drôle expression argotique piémontaise qui signifie « Fabuleux » ! Mais c’est la façon dont elle a été appliquée à la nouvelle venue que l’histoire de ce modèle écrit sa légende.

Au départ du projet, les premiers prototypes de mise au point, roulent plutôt le soir et la nuit pour cacher les formes du futur bolide aux yeux du public. Lamborghini ne possède pas de circuit pour développer ses modèles. L’un des prototypes de développement tombe en panne. N’ayant aucun moyen de ramener la voiture à l’usine, les hommes du projet, décident de cacher le prototype, à proximité, dans une grange, en attendant de pouvoir le récupérer le lendemain matin.

Seulement voilà, un paysan ouvre les portes de sa grange avant les ingénieurs de Lamborghini. Et lorsqu’il découvre la voiture, il s’écrie de la plus belle des manières : « COUUUUUUNNNNNNTACH ! ». Comprenez en fait « ventre bleu ! », « Diable ! » ou « corne cul ! », enfin, imaginez la traduction que vous souhaitez ! Mais elle veut bien dire ce qu’elle veut dire : l’enthousiasme spontané d’un homme devant cette voiture qui fait figure d’OVNI. Tout simplement.

Des hommes de talent à l’origine du dessin… et du moteur

La Countach est un avion sans ailes conçu en 1971 avec l’apparition d’un prototype nommé LP500 qui, à l’époque, fait sensation et dont la volonté est bien celle d’incarner le futur de Lamborghini.  Mais quel défi majeur cette Countach ! Donné par Bertone au chef designer de l’époque, Marcello Gandini, le père de la sublime Miura et successeur de Giugiaro, de dessiner cette nouvelle Lamborghini avec l’ambition de créer l’auto la plus extravagante possible, en rupture totale avec tout ce qui a été imaginé jusque-là.

La hauteur ? Incroyablement basse : 1,07 m ! Low body. Les angles ? A la serpe, sans rétroviseur extérieur : la vision, vers l’avant. Toujours. L’idée était bien sûr de conserver l’incroyable V12, mais cette fois-ci, monté différemment dans la voiture, en position longitudinale arrière, contrairement à la Miura (transversale), sa devancière.

L’exercice, le coup de crayon, fait trembler les murs de Sant’Agata ! La première Countach sort en 1974 avec un V12 plus petit que celui dévolue au prototype initial (5 litres). Un V12 3,9 litres de 375 ch, conçu par l’italien Basarini. La LP400 est sans aucun doute la plus belle des Countach : simple, angulaire, porte en Coléoptère… Sa pureté en fait certainement sa rareté : 158 exemplaires. Le modèle sera bien évidemment renouvelé à plusieurs reprises jusqu’en 1990, sans que l’âme de cette automobile ne soit affectée. La version « 25ème anniversaire » et son V12 5,2l de 455 ch, scelle la fin d’une icône avec au total 1999 exemplaires produits. Pas un de plus.

Aucune assistance, un son magique !

La fiabilité ? Italienne, mais étonnamment heureuse ! Et le meilleur moyen de garder ces modèles en vie, c’est de les faire rouler. Prudence, car la Countach n’est pas facile à dompter, mais le V12, voulu par Ferruccio Lamborghini rend la voiture sensationnelle, il ne pouvait pas y avoir d’autres moteurs. Sa signature.

Alors avoir la chance de monter à bord d’une 400S, née en 1978, avec son V12 4,0 litres de 400 ch, de vivre ou revivre ce moment privilégié dans cet intérieur imparfait, vieillot, d’une époque où l’argent était mis ailleurs, vous donne la chair de poule, accélère les battements de votre coeur, tend naturellement vos muscles ! La seule chose évidente qui excite votre rétine, c’est la boite en H inversé à 5 rapports. Un symbole de sportivité qui distribue la puissance aux roues arrière !

Que de souvenirs et de rêve de gosse dans cette voiture ! Qui n’a pas eu, gamin, le poster de la Countach collé dans sa chambre ! Le V12 ronronne, les carburateurs Weber, des pièces maitresses, qui font la magie d’une voiture sans égal, transmet ce son si caractéristique à l’échappement d’un moteur conçu dans les années 70. Un moment rare. La 400S laisse un peu plus de place en hauteur, la garde au toit augmentée dans cette série 3 gagne 3 cm. La jupe est en fibre de verre, les Jantes « Bravo »… Cette 400 S demande de la concentration car elle n’offre aucune assistance, ni au freinage, ni dans la direction, aucune aide électronique, bien-sûr : talon pointe de rigueur, accélérations en ligne de rigueur. «Pa pa pa pa pa ! », un régal à chaque montée en régime ! Pas ou peu d’amortissement. On ressent tout. On vit avec.

Mais nous ne pouvions pas quitter ce fantasmatique convoi sans imaginer le prix inatteignable d’une voiture aussi iconique. Quelques millions d’euros. La Lamborghini Countach est désormais une œuvre d’art, particulièrement recherchée aujourd’hui. Son coût ne cessera d’augmenter. Mais elle restera, à n’en pas douter, l’inspiratrice d’un demi-siècle de production Lamborghini, un héritage forcément inégalé. Et qui sait ? L’idée d’une renaissance, fait peut être aussi son chemin…

Turbo

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