Essais

Jeep Wrangler 4xe (2021) : hybridée pour survivre

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En bref :

4 roues motrices


Pas de malus


A partir de 68 200 €

Sur le marché de niche des 4×4 purs et durs, ils ne sont plus que trois. Le Mercedes Classe G, le Land Rover Defender et le Jeep Wrangler. La quatrième génération du baroudeur américain a débarqué sur nos routes en 2018 avec un intérieur cossu et des technologies d’aujourd’hui.

Seulement, ses mécaniques rustiques ont immédiatement constitué un frein sur notre marché au regard du malus écologique XXL (30 000 €) qu’un propriétaire devait acquitter en plus du prix d’achat. La facture totale pour un modèle d’entrée de gamme pouvait atteindre les 75 000 € !

L’hybridation était donc inéluctable pour que le Wrangler puisse continuer sa carrière sur le Vieux Continent. Son moteur hybride rechargeable lui permet d’abaisser ses émissions de CO2 de près de 70% et d’échapper ainsi totalement au malus. Bien que cette technologie fasse grimper en flèche les tarifs (à partir de 68 200€), il devient une bonne affaire !

Les feux arrière rectangulaires sont à LED.
Les feux arrière rectangulaires sont à LED.


On retrouve également les 7 barettes, symboles de la marque Jeep.
On retrouve également les 7 barettes, symboles de la marque Jeep.



Le cahier des charges de cette Wrangler du 21 siècle était simple. Ne rien changer à ce qui fait le succès de cette voiture depuis des décennies. À savoir son look iconique et ses prestations en offroad de très haut niveau. Visuellement le Wrangler 4xe s’illustre principalement par sa carrosserie. Seule la version à châssis long a été conservée. La version courte, pourtant si sexy, disparaît malheureusement du catalogue, car incompatible avec l’implantation des batteries.

La trappe de recharge placée sur l'aile avant gauche et les stickers bleutés sont les seuls points de différence de cette version hybride.
La trappe de recharge placée sur l’aile avant gauche et les stickers bleutés sont les seuls points de différence de cette version hybride.


La trappe de recharge harmonieusement placée sur l’aile avant gauche, un logo 4xe et quelques stickers bleutés témoignent de son électrification. Pour le reste, c’est exactement la même. On retrouve la silhouette cubique, les 7 barrettes de la calandre et des protections massives tout autour de la caisse. Le capital sympathie est intact.

L'intérieur avait déjà subi une grosse refonte en 2018. Cette version haut de gamme "80 th anniversary" fait très bonne impression.
L’intérieur avait déjà subi une grosse refonte en 2018. Cette version haut de gamme “80 th anniversary” fait très bonne impression.


L’habitacle qui avait été revisité de fond en comble en 2018 n’évolue pas. Les matériaux de notre version d’essai « 80 th anniversary » facturée 70 200 € nous ont fait une excellente impression. Rappelons que la particularité du Wrangler, c’est de posséder un habitacle à toute épreuve. Il est résistant à l’eau et totalement modulable. Le pare-brise, le toit et les portières sont entièrement démontables. C’est une voiture conçue pour l’aventure et l’arrivée de l’hybridation n’y change rien !

Quelques boutons et commandes spécifiques, dédiées à l’hybridation, font toutefois leur apparition comme les 3 modes de conduites (Hybrid, Electric et E-save) placés côté conducteur, la régénération maximale de la batterie ou encore les informations concernant l’autonomie, la puissance combinée et un Wattmètre sur l’instrumentation.

Les places arrière sont justes au niveau des jambes.
Les places arrière sont justes au niveau des jambes.


Toit, portières, l'habitacle est totalement démontable.
Toit, portières, l’habitacle est totalement démontable.



L’habitabilité à bord n’est pas le point fort du Wrangler, le conducteur et ses passagers seront un peu à l’étroit et manqueront cruellement de rangements mais compte tenu de la vocation « plaisir » de cette voiture on lui pardonne volontiers. La batterie lithium-ion d’une capacité de 17, 1 kW/h a été implantée sous les sièges passagers juste avant l’essieu arrière pour empiéter au minimum sur l’espace à vivre. Jeep a tout de même réduit le volume de réservoir de carburant pour faire de la place. Ce dernier passe de 80 à 67 litres. L’accès à la batterie est possible en relevant les assises de la banquette. Cette dernière est totalement étanche compte tenu du caractère de baroudeur du véhicule.

380 ch et seulement 79 g/km de CO2... le Wrangler continue sa carrière grâce à l'hybridation rechargeable.
380 ch et seulement 79 g/km de CO2… le Wrangler continue sa carrière grâce à l’hybridation rechargeable.


Le groupe motopropulseur associe un 4 cylindres essence 2.0 suralimenté à un moteur électrique de 145 ch placé en amont de la boîte de vitesses. L’ensemble fournit une puissance cumulée de 380 ch et plus intéressant pour le tout-terrain, un couple cumulé de 637 Nm ! L’hybridation permet au 4×4 américain de faire tomber ses émissions à 79 g de C02/km au plus bas et surtout de rouler jusqu’à 45 km en tout électrique, selon le cycle d’homologation WLTP. Ceci lui permettra d’entrer en toute légalité dans un écosystème qui lui est peu familier : les zones à faibles émissions (ZFE). La batterie se recharge en 9 heures sur une prise domestique. Cette attente peut tomber à 2,5 heures sur une borne de 7,4 kW/h (type wallbox). Le propriétaire peut programmer la charge, localiser des bornes ou encore démarrer le chauffage à distance via une application Jeep à télécharger sur son smartphone. La marque américaine, réputée pour ses clins d’œil (easter eggs) a symbolisé la jauge de la batterie par 5 LED en forme de barrettes placées sur le tableau de bord. Chaque barrette représente 20% de capacité.

Essai - Jeep Wrangler 4xe (2021) : hybridée pour survivre

Implanter un moteur électrique dans un dur à cuir comme le Wrangler peut ressembler à un crime de lèse-majesté. Pourtant, c’est une expérience intéressante à plus d’un titre. D’abord celui des consommations en carburant. Durant notre essai routier réalisé en mode hybride nous avons pu contenir la consommation en carburant sous les 7 l/100 km sur un parcours mixte. Une fois la batterie à plat, cette dernière atteignait les 11 l/100 km. Il est possible de gérer la durée de vie de cette dernière, soit en la préservant (bouton E-Saver) pour entrer ultérieurement dans une ZFE soit en la rechargeant (ici le moteur thermique sert de générateur) ce qui fait flamber la consommation en carburant, soit en activant la régénération maximale. C’est l’équivalent du « One Pedal » chez Nissan. La régénération s’effectue au lever de pied et freine seule le véhicule. Son intensité est si forte qu’elle déclenche les feux stop (obligation légale). Son utilisation réclame un petit temps d’adaptation d’autant que le Wrangler n’est pas une ballerine.

En mode « hybrid », celui utilisé durant notre essai, le système s’occupe de tout et privilégie l’électrique. Les transitions sont imperceptibles pour le conducteur qui doit tendre l’oreille pour entendre le 2.0 entrer en action. Le moteur électrique peut être actif jusqu’à 130 km/h. La transmission est brillamment orchestrée par une boîte automatique à 8 rapports modifiée pour l’occasion.

Le Wrangler 4 Xe ne perd rien de ses capacités en tout-terrain.
Le Wrangler 4 Xe ne perd rien de ses capacités en tout-terrain.


Il conserve un arbre de transmission mécanique.
Il conserve un arbre de transmission mécanique.



Que les puristes se rassurent, le Wrangler reste une « vraie » 4 roues motrices assurée par un arbre de transmission mécanique avec en amont une boîte de transfert et des rapports courts. Il bénéficie également de deux blocages de différentiel (AV et AR) et pour la version Rubicon taillée pour le offroad, vous pouvez même déconnecter les barres stabilisatrices à l’avant pour bénéficier d’une plus grande amplitude lors des croisements de ponts ou sur les dévers. Jeep a tenu ses promesses et ce Wrangler 4xe ne trahit en rien son ADN de baroudeur.

En tout-terrain, il reste imperturbable et s’acquitte, lorsqu’il est chaussé de pneumatiques adéquates, de tous les obstacles que dame nature peut mettre sur votre chemin. Cette dernière lui est d’ailleurs reconnaissante car évoluer en offroad en mode électrique est une expérience surprenante. Seul l’avertissement sonore (pour les piétons) signale la présence du véhicule. Une expérience très agréable. Il faudra juste faire attention à la gestion des gaz beaucoup plus sensible en tout électrique.

Sur route, le comportement du Wrangler est inchangé. On reste au volant d’un vrai franchisseur avec un châssis en échelle composé de deux ponts rigides. Les voies sont certes plus larges – ce qui pose davantage la voiture sur la route – et les amortisseurs ont été modifiés pour améliorer le confort, mais ce gros bébé (2, 4 tonnes) invite à la vigilance d’autant qu’il embarque 200 kg de batteries supplémentaires. Gare à l’excès de confiance au freinage et à l’approche de virages serrés. Passés ces principes de précaution, le Wrangler 4xe reste une vraie voiture plaisir, taillée pour l’aventure. Et dans ce domaine elle remplit pleinement son job.

Caradisiac

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