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“La Yaris est parvenue à dépasser la Renault Clio V”

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Au terme d’un premier semestre 2021 historique pour Toyota, Franck Marotte, le président de la filiale tricolore, tire un bilan positif des activités. Performante sur le segment des particuliers, la marque japonaise a placé sa Yaris au-dessus de la Renault Clio V.

 

Journal de l’Automobile. Toyota désire mettre en avant son programme Beyond Zero. Comment va-t-il être déployé concrètement ?

Franck Marotte. Beyond Zero est un projet d’entreprise, une philosophie que nous voulons communiquer aux consommateurs. Nous avons été perçus comme des innovateurs avec l’hybride il y a plus de 20 ans et nous souhaitons entretenir cette image. Toyota va développer des véhicules toujours plus électrifiés, des solutions de mobilité en ligne avec tous les profils d’individus et de pouvoir d’achat, nous allons proposer des expériences particulières aux clients et prendre des initiatives en faveur de l’environnement dans tous les domaines même au-delà de l’automobile.

 

JA. En ce qui concerne le mix des énergies, vous avez évoqué des prévisions chiffrées à l’échelle européenne. Quelles sont plus spécifiquement les attentes commerciales en France ?

FM. Nous pensons que le mix européen sera composé en 2025 de 70 % d’hybrides, 10 % de thermiques, 10 % d’hybrides rechargeables et 10 % d’électriques à batterie et véhicule à hydrogène. Ce sera à peu de chose près la même répartition en France. Mais je ne sais pas encore vous dire quel sera l’état de l’art des aides gouvernementales au 1er janvier 2022. En revanche, je peux défendre avec conviction le fait que la technologie d’hybridation que nous commercialisons représente un gain significatif de CO2 à un tarif accessible à tous. Aucune autre solution n’offre ce double avantage.

 

JA. Il n’empêche que l’opinion publique et les consommateurs prêtent une grande attention à l’électrique à batterie…

FM. Il se trouve que les véhicules électriques à batterie ou à hydrogène sont très importants pour parvenir à une mobilité sans émission. Nous souhaitons atteindre cet objectif en 2050. L’accessibilité prix est encore un point crucial. Malgré les aides, nous voyons bien que la majeure partie des clients ne peuvent commander ce type de solutions. Une transition sera nécessaire. Nous soutenons cette politique d’incitation, mais nous pensons qu’il est essentiel de soutenir les hybrides pour facilité le renouvellement du parc le plus ancien, car nous remarquons que les acheteurs de véhicules électriques sont les clients au pouvoir d’achat supérieur qui renouvelle des voitures récentes et donc peu émettrices de CO2. L’enjeu est de pouvoir toucher la cible qui dépense autour 5 000 euros.  

 

JA. En BtoC, l’électrification et les solutions innovantes appellent à de nouveaux modèles économiques et de financement. Comment allez-vous bousculer vos habitudes à court ou moyen terme ?

FM. Il y a des appétences complétement nouvelles. Nous allons au-delà de la production de véhicules pour proposer des engins de mobilité. Sous l’ombrelle Kinto, nous commercialiserons des solutions innovantes. Toyota peut également se féliciter du succès de la société de location longue durée à destination des professionnels fondée il y a deux ans. Il est probable que nous évoluerons vers de la location longue durée pour les particuliers. Nous devons aussi développer l’univers digital qui permet au consommateur d’exprimer son besoin et de trouver chez nous la solution opportune.

 

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JA. Est-ce le grand retour des applications mobiles qui ont globalement essuyé un échec au cours de la précédente décennie ?

FM. Dans le programme Beyond Zero, il y a effectivement une part de connectivité grâce aux objets de mobilité des clients. Nous aurons des solutions de location courte durée, voire de très courte durée, et il sera parfois nécessaire d’ajuster sa réservation pour l’étendre par exemple. Seules les applications offrent ce canal direct.  

 

JA. Revenons sur le sujet de la LLD à particulier. Sous quel délai devez-vous l’intégrer au catalogue ?

FM. Il faut aller vite sur ce dossier. Je souhaite que nous puissions avoir une offre prête à la commercialisation avant la fin de l’année 2021. L’an prochain nous allons ouvrir les commandes de notre nouveau véhicule électrique. Les clients auront très certainement de l’appétence pour des produits locatifs compte tenu de l’évolutivité technologique de cette typologie de modèles.

 

JA. Les réseaux de distribution observent attentivement les mutations à venir induites par les évolutions de mix de vente. Comment pouvez-vous encore leur assurer un contrat économiquement et socialement acceptable ?

FM. Déjà, je tiens à réaffirmer une chose : nous ne reprendrons pas la distribution des Toyota et des Lexus à notre compte. Aussi, nous entendons respecter le cadre juridique européen en vigueur à ce jour. Enfin, nous nous inscrivons dans un modèle de croissance, tant en volume qu’en parts de marché et donc en chiffre d’affaires pour les distributeurs. Les ressources humaines vont se développer en adéquation pour accompagner cet élan de croissance. Comme lors du lancement de la Lexus UX électrique, nous aurons des discussions sur la structure de distribution lors de l’arrivée de notre modèle électrique Toyota. Nous entendons être la marque généraliste la plus attractive en matière de rentabilité sur le marché français.

 

JA. Quel est le niveau de rentabilité à fin juin ?

FM. Je n’ai pas encore les données consolidées du premier semestre. A fin mars, elle était de 2 % du chiffre d’affaires, ce qui nous positionne comme l’une des marques les mieux placées et qui correspond à un score historique pour Toyota France. Il y a peu de raisons de croire qu’elle a été impactée à la baisse.

 

JA. Quelle analyse faites-vous du premier semestre ?

FM. Le marché est en retrait par rapport à nos projections. Les conditions de travail dégradées ont entamé la capacité de consommation. La problématique de production liée à la pénurie de composants a provoqué des décalages de livraison au second semestre voire à l’exercice 2022. Le marché pensait pouvoir rattraper la moitié des pertes de l’an passé durant le premier semestre et force est de constater que ce n’a pas été le cas.

 

JA. Qu’en est-il spécifiquement de Toyota ?

FM. La satisfaction est très grande. Nous atteignons 5,9 % de parts de marché sur le premier semestre, soit 0,4 point de plus. Si nous isolons le canal des ventes à particulier, nous réalisons près de 30 000 immatriculations sur six mois et représentons donc 7,7 % de pénétration contre 7,1 % l’an passé. Nous sommes donc la première marque importée, très proche de Citroën, et notre Yaris est parvenue à dépasser la Renault Clio, le leader historique du segment. Une performance remarquable.

 

JA. Comment l’expliquez-vous ?

FM. La force du produit est une caractéristique essentielle. En sa qualité de voiture de l’année, elle est plébiscitée par les clients. Ensuite, nous avons su être pertinent en matière de communication. Je pense que l’implication d’un réseau dynamique a joué. Enfin, nous avons maintenu nos cadences de production malgré la crise des composants. Nous sommes pratiquement les seuls dans ce cas.

 

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JA. Quel est l’état des carnets de commande ?

FM. Nous conservons environ 2 mois de livraison en portefeuille. Ces quelque 20 000 unités constituent un nouveau record pour la marque en France. Cela augure d’un troisième trimestre positif en termes de livraison.

 

JA. Le segment du véhicule d’occasion devient le relai de croissance des distributeurs. Quels sont les résultats du réseau ?

FM. Nous avons réalisé une remarquable performance au premier semestre. Nous avons revendu 50 000 véhicules d’occasion labellisés en 2020, nous sommes en route pour en livrer 60 000 cette année. Nous allons atteindre 3 % de pénétration. Nous nous inscrivons dans une dynamique de croissance sur ce canal dont l’importance est fondamentale pour la profitabilité du réseau. Nous poursuivons notre plan de marche vers l’objectif ultime de vendre 1 VO pou 1 VN en France, soit 100 000 unités.

 

JA. Quels sont les projets pour dynamiser l’activité ?

FM. Au mois de juin nous avons lancé une réforme de notre package. Le label couvre désormais avec garantie de trois ans tous les véhicules jusqu’à dix ans d’ancienneté quelle que soit la marque. Aucune marque sur le territoire français n’offre de telles conditions. Ce choix se justifie par la volonté de renforcer le sentiment de confiance dans la marque. Qu’il soit neuf ou d’occasion, un véhicule vendu par Toyota ne doit inspirer aucun doute dans l’esprit de l’acheteur.

 

JA. Cela pourrait-il faire tomber le prix moyen ?

FM. Pas forcément, il faudra observer la structure des reprises effectuées. Mais nous avons l’ambition d’élargir la cible de clients en disposant de produits plus accessibles et si possible toujours plus décarbonés.

 

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JA. Quelle est la part des véhicules électrifiés dans les livraisons de VO ?

FM. Elle est de 30 % à ce jour, ce qui est encore faible, mais il y a un effet de décalage puisque les mix hybrides ont fortement accéléré il y a 4 ou 5 ans. Nous savons que cette part va progressivement monter grâce aux retours programmés.

 

JA. Parvenez-vous à approvisionner en VO ?

FM. Il y a des tensions, mais compte tenu de notre progression de 15 % en rythme de vente, nous pouvons estimer que nous réussissons à répondre aux besoins des concessionnaires.


 

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