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“Les autorités européennes tirent un trait sur 100 ans d’innovations technologiques”

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A quelques jours de l’annonce de Bruxelles sur les futures normes d’émissions de CO2, le président de la PFA met en garde sur la survie de la filière automobile. 17,5 milliards d’euros sont indispensables pour que l’industrie s’adapte.

 

Un plan d’urgence pour sauver l’industrie automobile européenne ! Toute l’industrie automobile retient son souffle en attendant les propositions de la Commission européenne sur la future baisse des émissions de CO2 à horizon 2035.

 

A peine l’encre est-elle sèche de la dernière négociation sur les normes CAFE et les premiers objectifs de baisse de CO2 initialement prévus à -37,5 %, que de nouvelles propositions, vraisemblablement entre -50 % et -60 % d’émissions de CO2 devraient être annoncés, mercredi 14 juillet 2021 par Bruxelles“, prévient Luc Chatel. Mais pour le président de la PFA, cette décision revient à dire que les autorités européennes tirent un trait sur 100 ans d’innovations technologiques en Europe. “Un choix est fait : les réglementations, qu’elles soient européennes ou même locales avec les ZFE, vont aboutir à une unicité de solutions technologiques : l’électrique à batteries.

 

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Mais cette décision aura des conséquences majeures et même catastrophique pour l’emploi dans la filière. D’ores et déjà, la PFA a réalisé une étude où, selon les scénarios d’adaptation, entre 50 000 et 100 000 emplois pourraient être supprimés dans le secteur. 

 

Le président de la PFA, qui doit s’entretenir dès lundi 12 juillet 2021 avec le président de la République sur les positions à adopter pour faire face à ce défi, a envisagé quatre voies du sursaut pour l’industrie automobile française. Des axes de développement qui ne pourront se dégager en revanche à condition que près de 17,5 milliards d’euros soient engagés, dont près de 8,5 milliards d’euros uniquement pour le déploiement des bornes de recharge indispensables pour les 10 millions de véhicules électriques prévus dans le parc roulant en France. “Nous voyons déjà que nous ne sommes pas dans les objectifs des 100 000 bornes annoncés pour la fin de l’année. Il faut clairement un changement de rythme et pour l’instant, nous ne sommes pas à la hauteur de la taille du défi“, avance Luc Chatel.

 

En parallèle de ces 8,5 milliards d’euros, la PFA estime que le besoin d’investissements dans les 5 ans à venir atteint 8,9 milliards d’euros sur les nouveaux projets dans les domaines de la batterie, de l’hydrogène, de l’électronique de puissance et de l’économie circulaire. “Les pouvoirs publics ont décider le changer le modèle de notre industrie. Il n’est donc pas anormal que le gouvernement accompagne les entreprises de la filière. Par ailleurs, le gouvernement pense qu’il a résolu le problème de compétitivité dans notre pays mais nous observons encore des écarts considérables avec des pays d’Europe centrale ou du sud“, poursuit Luc Chatel.

 

Ainsi, l’écart du coût de fabrication entre la France et des pays d’Europe de l’est ou même de l’Espagne oscille entre 300 et 600 euros. “Ramené à la marge d’un véhicule, c’est considérable et cela justifie que la France n’arrive pas à capter les investissements du futur. Nous espérons que la présidence française de l’Union Européenne, en 2022, pourra apporter une solution“, estime le président de la PFA. Au-delà du coût de fabrication, réside également la capacité de continuer à accompagner les 4 000 PME de la filière, qui ont un besoin criant en matière de robotisation et de modernisation des outils de production. 

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