3 août 2021
par Autocloser

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Prise en mains – BMW Série 2 (2021) : la der des ders ?

Quand on est BMW, on ne fait pas ce qu’on veut sans réflexion : la marque possède en effet une « fan base » à qui on ne fait pas avaler des couleuvres. Le moindre pas de travers, la moindre entorse à ce que ces aficionados considèrent – souvent à juste titre – comme l’ADN de la marque est immédiatement sanctionné. En même temps, il faut être réaliste : les conseilleurs ne sont pas les payeurs, et l’histoire récente montre que certaines de ces entorses ne nuisent en rien aux ventes du constructeur, que du contraire. Un exemple ? Le monospace Série 2 Space Tourer. Un carton qui a pratiquement tué la Mercedes Classe B. Pourtant, fait-on moins « BMW » que cela ? N’empêche, si ce ne sont pas eux qui remplissent les caisses de la marque, les fans sont très prompts à exprimer leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Et ils le font parfois de façon très… agressive. Ce fut encore récemment le cas quand la Série 1 a eu le mauvais goût de passer à la traction avant. Et ça, ça peut finir par esquinter une image de marque !

Consultation

Prise en mains - BMW Série 2 (2021) : la der des ders ?

C’est peut-être pour cela qu’avant de mettre en chantier cette Série 2, BMW a mené une grande consultation auprès de ses clients les plus fidèles pour savoir ce qu’ils attendaient fondamentalement d’un coupé de leur marque fétiche, puis compilé les données, et enfin tenté de répondre à leurs attentes. Et suite à cette première rencontre avec le nouveau modèle, on se dit que fort heureusement, le noyau dur des inconditionnels du constructeur n’a pas encore vendu son âme au SUV iX. Quoi que veuille nous faire croire la voix officielle de la marque ! Une voix qui peine à convaincre même en interne, puisqu’au détour d’une discussion avec l’un ou l’autre ingénieur, la phrase suivante est tombée : « C’est la dernière BMW des connaisseurs, en quelque sorte ». Tout est dit ! Une honnêteté et une lucidité qui changent du discours marketing.

Base de Série 4 

Mais revenons à nos moutons. Puisque cette Série 2 coupé est dédiée aux fans, elle compile l’essence même de BMW, dont les deux éléments centraux sont les roues arrière motrices et le moteur six cylindres. Car oui, comme promis lors du lancement de la Série 1, la Série 2 reste bien bel et bien une propulsion, voire une transmission intégrale mais typée propulsion pour certaines versions. Elle ne partage donc plus ses dessous avec la 1, ni même avec la Série 2 Gran Coupé, qui est en fait une Série 1 avec quatre portes. La 2 Coupé emprunte la plateforme des Série 3 et Série 4, retouchée en profondeur pour offrir un caractère spécifique. Les dimensions et proportions de l’auto restent globalement identiques à la génération sortante, même si l’empattement allongé de 51 mm promet une habitabilité en hausse.

À peine 32 ch de moins que l'ancienne M2 pour cette "simple" M240i... !
À peine 32 ch de moins que l’ancienne M2 pour cette « simple » M240i… !


Pour l’heure, deux versions aux configurations techniques bien distinctes sont annoncées : la 230i ouvrira la gamme, avec un quatre cylindres 2.0 turbo 245ch. Elle laissera le choix entre un châssis de base et un châssis sport plus ferme, tous deux associés à la propulsion. Mais c’est surtout sa grande sœur qui nous fait de l’œil : la M240i. Sous son musculeux capot, dort le 6 en ligne 3.0 bi-turbo – nom de code B55 – de 374 chevaux, emprunté lui aussi aux M340i et M440i. Mine de rien, c’est 34 bourrins de plus que l’ancienne M240i… et seulement 36 de moins que la précédente M2 ! C’est dire si la prochaine M2 va envoyer du bois !

Graine de M

La méchante sonorité émise par la voiture camouflée qui nous attend devant la porte de la BMW Driving Academy ne laisse pas de doute sur les six pistons qui s’agitent sous le capot. Installé au volant, dans un cocon qui n’a rien de déroutant pour un habitué de la marque, il ne faut pas longtemps pour comprendre que les mêmes fées qui se sont penchées sur les derniers modèles M sont également passées par ici. Sur les quelques ateliers de conduite concoctés par les instructeurs, la M240i révèle un équilibre parfait (répartition des masses 50/50).

Différentiel spécifique, grande rigidité et propulsion... tous les ingrédients sont réunis !
Différentiel spécifique, grande rigidité et propulsion… tous les ingrédients sont réunis !


Lorsqu’il s’agit d’enchaîner les slaloms, les épingles et les évitements, chaque réaction de la voiture est d’une extrême justesse. C’est d’abord dû à la direction, encore affinée par rapport au modèle précédent, mais aussi à la rigidité structurelle, en hausse de quelque 12 %, et désormais supérieure à celle de la Série 4 ! Les sensations sont donc au rendez-vous, d’autant que comme nous le disions plus haut, sa transmission intégrale est réglée pour privilégier l’essieu arrière. On peut encore parler de l’ESP, qui permet déjà de bien s’amuser en mode Sport +, et est surtout totalement déconnectable. Ou du différentiel à glissement limité électronique (en option sur la 230i), qui assure une motricité hors norme, malgré la piste détrempée sur laquelle nous emmenons danser (c’est vraiment le mot) la Béhemme.

Pour faire bref, on dira qu’il se dégage de la voiture une sensation de facilité et de maîtrise. Un plaisir brut mais pas brutal, qui devient décidément trop rare.

Et puis il y a la cerise sur le gâteau, le joyau de la couronne : ce merveilleux six cylindres, jamais à court de souffle, quel que soit le régime, servi par une boîte auto 8 rapports, réactive bien que parfois trop prudente dans ses montées, qui s’accommode parfaitement de ce tempérament. Déjà, on se dit que la barre est placée très, très haut pour la future M2. En même temps, on espère surtout que comme ses grandes sœurs, elle aura aussi droit à une version à boîte manuelle. L’en priver serait faire affront sa pureté. À bon entendeur… 

En faut-il plus ?

Avec tout cela, on n’a pas encore fait le tour des bonnes nouvelles. Car évidemment, une Série 2 de 370 chevaux, ça le fait. Mais ceux qui devront se contenter de la variante plus modeste ne risquent pas de manger du pain noir. Nous avons en effet aussi pris en main la 230i, et nous pouvons vous le dire : elle vous en donnera pour votre argent. Bien évidemment, un 4 cylindres ne donne pas le même frisson, le même orgasme auditif que le délicieux six cylindres.

Le dernier petit coupé BMW à moteur thermique.
Le dernier petit coupé BMW à moteur thermique.


Mais ses performances sont loin d’être ridicules. Le 0 à 100 km/h expédié en 5,9 secondes en est un bon indicateur. Et côté sensations, ça ne fait pas semblant non plus, puisqu’on a droit à la propulsion, combinée à un moteur qui donne encore moins d’inertie au train avant. Le comportement est donc incisif et sportivement tout aussi abouti. Et encore, le châssis sport de notre mulet d’essai était réglé selon le typage américain. Pour peu que « nos » réglages soient encore un peu plus raffinés – et on est en droit de l’espérer –, la nouvelle BMW Série 2 sera effectivement telle que la décrivent en « off » les gens de la marque : la dernière BMW des connaisseurs ! Après elle, c’en sera fini des petits coupés non électrifiés. D’ailleurs c’en sera peut-être purement et simplement fini des petits coupés avec autre chose que de l’électricité. Alors profitons-en tant qu’on peut !

Caradisiac

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